Andy Law

Nouveautés

Le Labyrinthe de Glace
Ravenor III : Révélations
Son Dernier Ordre
Andy Law

Les articles et illustrations d’Andy sont parus dans un certain nombre de publications, mais les réalisations pour lesquelles il est le mieux connu sont avant tout ses cartes. Andy est un cartographe émérite dont les créations embellissent régulièrement les publications de la Bibliothèque Interdite ; voyez par exemple Les Chevaliers du Graal ou Les Maîtres de la Nuit.

 

Avec ce dernier supplément en tête, nous lui avons demandé comment il s’y est pris pour cartographier la Sylvanie.

La carte de Sylvanie a été le premier projet WJDR dans lequel j’ai eu toute latitude pour déterminer le niveau de détail que je souhaitais donner à la carte.

D’ordinaire, mon directeur artistique, Hal Mangold (un roi parmi les hommes) m’envoie tous les fichiers et ressources nécessaires à la création d’une carte ; j’y trouve divers éléments, comme le texte relatif à la région à cartographier et toutes les esquisses que l’auteur aurait pu produire concernant cette zone particulière. Pour ce projet cependant, les choses se sont présentées différemment.

Jody MacGregor, l’un des auteurs des Les Maîtres de la Nuit, m’a contacté durant l’année 2006. Il savait que j’avais été la cheville ouvrière d’un projet d’élaboration d’une carte détaillée de l’Empire au cours duquel j’avais rassemblé et exploité une multitude de publications GW, et il me demanda si j’avais des informations susceptibles de l’aider pour son chapitre sur la Sylvanie. Je lui ai donc envoyé une carte assez complète (même si elle n’était pas très jolie), avec tous les détails dont je disposais au sujet des lieux qui y étaient mentionnés. À partir de ces données et de ses propres recherches, Jody a écrit son chapitre que j’ai ensuite relu pour m’assurer qu’il n’entrait pas en contradiction avec les sources GW dont nous disposions (pour autant que cela soit possible ou nécessaire).

C’est ainsi que lorsque j’ai reçu la commande de la carte de Sylvanie, plus tard la même année, je savais ce qu’elle devait contenir et j’avais déjà effectué toutes les recherches nécessaires.

C’est là que nous en arrivons au gros morceau. Les recherches. Il s’agit non seulement de la première carte sur laquelle j’ai pu préciser le niveau de détail désiré, mais également de la première pour laquelle j’ai pu mettre à profit toutes les recherches que j’avais effectuées durant les deux années précédant sa mise en œuvre. C’est la raison pour laquelle on retrouve les lieux mentionnés sur la carte dans un grand nombre de documents. Vous y trouverez des éléments tirés de divers livres d’armée Warhammer de chacune des éditions (particulièrement celui dédié aux Comtes Vampires), tandis que la géographie générale se base sur la carte du monde publiée dans le numéro 300 de White Dwarf et sur celle qui est incluse dans le Kit du Meneur de Jeu. On peut également y retrouver des sites décrits dans divers cycles romanesques : la série des Gotrek et Felix de Bill King, la trilogie vampire de Steven Savile et la série Kumansky de Neil McIntosh, ainsi que des endroits cités dans toutes sortes de suppléments publiés par WJDR au fil du temps, parmi lesquels Les Héritiers de Sigmar, l’aventure « Les jolies choses » du Kit du Meneur de Jeu, L’Empire en Flammes (un scénario de la 1re édition du jeu de rôle) et même des ouvrages à paraître comme le Tome de la Rédemption (d’où proviennent mes références pour le dernier temple de Skaranorak et l’autel de Seppel). J’y ai aussi intégré des sites décrits dans d’antiques suppléments du jeu de figurines Warhammer. Par exemple, le scénario Blood on the Streets, une boîte de décors de la 2nde édition associée à une aventure, détaille une zone appelée The Riding dans la région du bief de l’Aver ; elle est devenue The Auld Ryding (les Vieilles Pâtures), une petite contrée coincée entre l’Averland et la Sylvanie, située dans le coin inférieur gauche de la carte de Sylvanie. Toutes ces informations, et quantité d’autres, se sont ajoutées à l’immense amalgame de données dont je me suis servi pour créer cette carte. Face au résultat, j’ai le sentiment d’être bien récompensé de tous mes mois de travail.

Donner (non) vie à la Sylvanie...

Au préalable, il est important de rappeler qu’il s’agit seulement d’une vision du monde de Warhammer parmi tant d’autres. Après tout, dans toute partie de WJDR, l’autorité ultime revient toujours aux MJ et je ne voudrais pas les contredire dans leurs conceptions de ce que doit être leur propre Sylvanie (pas plus que les concepteurs de futurs produits GW, d’ailleurs). C’est pourquoi j’ai composé le texte qui accompagne la carte et qui laisse clairement entendre que cette carte doit vraisemblablement être assez imprécise. Après tout, le cartographe reconnaît qu’il n’a jamais réellement visité la Sylvanie (et en vérité, qui pourrait avoir envie d’aller dans un endroit pareil ?) et qu’il s’est contenté de compulser toutes sortes de grimoires (pour les fans les plus pointilleux de GW, j’ai donné au cartographe le nom d’une famille liée à l’histoire des von Carstein). J’ai procédé ainsi parce que je suis convaincu que les cartes doivent être aussi « contextuelles » que possible et offrir au MJ un point de vue subjectif sur le monde de Warhammer et non des faits définitifs. De cette manière, les éventuelles contradictions avec d’autres sources n’ont plus beaucoup d’importance et les MJ sont totalement libres de leurs mouvements.

La plus grande partie des détails ayant trouvé leur place, il ne me restait plus qu’à les présenter de la meilleure manière possible. Pour cela, je me suis inspiré de cartes existantes dans d’autres publications, comme Les Héritiers de Sigmar, Les Chevaliers du Graal ou Le Seigneur Liche, et j’ai copié le style de présentation de ces ouvrages afin de préserver la cohérence cartographique de la gamme WJDR. Toutefois, comme cette carte était beaucoup plus fouillée que toutes celles qui l’avaient précédée, j’ai pris la liberté de peaufiner un peu la partie dessin. Les montagnes et les collines sont représentées de manière un peu plus artistique que d’habitude et chaque site a eu droit à son petit dessin personnalisé afin de le mettre davantage en valeur. Pour finir, j’ai ajouté un autel-reliquaire et une borne dans le coin inférieur, pour illustrer le texte de l’encart qui se trouve à côté, puis j’ai placé les titres du haut.

Enfin, avec un sourire de contentement et un grand soupir, j’ai déclaré la carte achevée et je l’ai envoyée à Hal.

Heureusement pour moi, il a adoré !

À présent, joueurs de WJDR, cette carte est entre vos mains pour que vous en fassiez ce que bon vous semble. Lorsque je pense à l’effroyable province qu’est la Sylvanie, une partie de moi ne peut s’empêcher d’entretenir le vague espoir que les MJ ne l’utiliseront pas et épargneront les horreurs de cette contrée à leurs joueurs. Ceci dit, la Sylvanie constitue un cadre tellement extraordinaire pour une partie de WJDR que mon autre moi espère vraiment que les MJ en feront bon usage, bien que je ne puisse réprimer un certain sentiment de pitié en pensant aux joueurs.

Mais enfin, c’est WJDR, pas vrai ? Et les joueurs n’ont jamais la partie facile…